Selon le Dictionnaire de l’Académie française, la définition du mot “captivité” est la suivante : Privation de liberté, esclavage. Au sens strict de la définition, tous les animaux dont les clichés figurent dans ce livre sont des animaux captifs. Leur espace est délimité par les barrières d’un enclos, les barreaux d’une cage, les parois d’un aquarium ou d’un vivarium selon les espèces. Leurs horaires de repas sont planifiés. Certes, pour les cas concernés ici, ces prisons sont assez luxueuses. Les animaux ont de l’espace. Dans leurs enclos sont reproduits au maximum leur environnement originel et je suis sûr qu’ils y sont très bien soignés et nourris. Mais, pour ces animaux sauvages, toutes dorées que soient leurs prisons, elles restent des prisons.

Les lieux de prises de vue ne sont volontairement pas nommés car il ne s’agit pas ici de dénoncer, mais d’abord de questionner, au travers d’un regard, d’une attitude, d’une situation, notre rapport à cette nature que nous aimons autant que nous la tourmentons. J’ai voulu restituer cette ambivalence qui est restée présente tout au long de ma visite de ces lieux, entre fascination et gêne. Une gêne qui est peut-être un reste d’enfance, de ce désir d’ouvrir la cage aux oiseaux… mais pas seulement. Sûrement aussi un souvenir, ancré au plus profond de nous, de cette ancienne liberté dangereusement exaltante que l’homme a aussi connu… en d’autres temps plus anciens, avant de s’enfermer dans ses prisons de béton et de finir par regarder, confortablement installé, la nature au travers d’un écran ou des barreaux d’une cage.

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